top of page
fog4.JPG

LEs QUatre saisons 



Le vent s'engouffre, un soleil blanc trace,

Les étoffes moussues ceignent les troncs nus.

Déroulé à terre, un tapis bruni,

Floute l'écho des courses endolories.

Les hordes de chiens ébouriffent

Les buissons en batailles d'écureuils

Les mouettes déracinées tirent des vers

Du nez rocailleux de la terre.

On hume le renard, leurs effluves musqués,

Jusque dans les buissons de ronces entortillées.

Méli-mélo d'oiseaux, trémolos printaniers

Les feuilles vernies en coupoles soucoupes,

Reflètent la lumière en lasers furtifs.

Les centenaires doucement se balancent, 

Sous les rayons captifs. 

Enjamber un pont de briques, 

Un banc assis les pieds dans l'eau,

Reflets d'airain sur l'étang onirique

Scintillent en pâles diamants.

La brise caresse l'onde élastique,

Les branches mortes, ombres infinies

Respire, ressens l'instant,

Ondule, liane de lierre,

Verte, fraîche, combattant,

Tous ces lambeaux d'hiver...

Un couple avance, emmitouflé de peaux,

Bâtons de marche en main,

Ils avancent courbés, attaquent le chemin.

Expédition Grand Nord,

Déhanchement magique, débordement d'effort

Jeter des mots en pâture aux canards

Tout ronds tout noirs, 

A la pointe de blanc.

Sur l'onde, ils font des cercles,

Ricochets palpitants

Un nuage de blanc

Passe sur l'eau

Narcisse émouvant

La corneille grince, mes bottes noires d'humus

Jouent dans le ruisseau, et les crocus

Pointent leurs têtes mauves,

Blanches, jaunes, des perroquets se sauvent

Eclats verts fusant

Les grands arbres sommeillent,

Vouloir les réveiller

Pousser leurs feuilles vermeille,

Jouer à miroiter.

Tapis de feuilles rousses, châtaigniers,

Leurs coques fendillées craquent sous les pieds. 

Les arbres ont des nez, des seins, des hanches !

Des chevelures insensées,

Puis une armée de branches

Au ciel dressées.

Le nez levé vers ces totems vaudou

Aux bouches écorchées,

Un tronc couché qui se démanche

Les racines sculptées

Profil de stégosaure, fossilisé. 

S'allonger sur ce vieil ami

Lui murmurer

De mémoire de Terre,

Il est source de vie

Sentir son coeur allègre

Du plus profond de la mémoire...

Le vent gris voile la terre

Et la forêt pâlit.



SandJo

© SandJo Photography, All rights reserved

bottom of page